Reconnaitre une météorite

Reconnaitre une météorite
Kenya 2011 – TSAVO East National Park

La première chose à faire, que l’on soit expert ou amateur, est l’observation attentive de la météorite ou du caillou trouvé. Le « caillou » ressemble à une météorite : c’est une pierre noire, brune, verte ou d’aspect parfois noirâtre, qui paraît un peu lourd, qui présente des tâches blanches, brunes, beiges, noires, vertes. Parfois, elles sont recouvertes de rouille, brillantes argentés ou de fines lamelles scintillantes, voire brillantes et elles attirent un aimant ou pas. La croûte de fusion est bien visible et bien noire (différentes gradations) ou brunes (différentes gradations) voir mêmes argentés quasi polies sur leur totalité ou par endroits.

Le moyen de basic pour reconnaître une météorite avec un matériel standard : le toucher, les yeux, une loupe (x 10), un microscope, un aimant.
chondrite NWA 11518-H5
chondrite NWA 11518-H5

Les circonstances de découverte

La découverte en tant que tel – Une chute à été observée ?

Ce qui est plus rare et si c’est le cas, partez vous-même à la recherche de la météorite qui viens de tomber du ciel. Pouvoir être le témoin chanceux d’une chute (ANG. fall ) proprement dit est rare et assez exceptionnel. Un bolide, tombé du ciel, traverse l’atmosphère à très grande vitesse. Les frottements de l’air sur l’objet dégagent une forte chaleur, donc une lumière vive, et peuvent produire des effets sonores retentissant comme le tonnerre, voire même un effet d’explosions. Une fois que le bolide a touché la terre, on parle de météorite. Mais soyez prudent des vapeurs toxiques peuvent s’évaporer dès son impact dans la terre. La chaleur, éventuellement le feu la chaleur peuvent vous en empêcher de la ramasser.

Les frottements de l’air sur l’objet dégagent une forte chaleur, donc une lumière vive, et peuvent produire des effets sonores retentissant comme le tonnerre, voire même un effet d’explosions. Une fois que le bolide touche terre, on parle de météorite. C’est alors que vous pouvez partir vous-même à la recherche de la météorite.

Est-ce une trouvaille ?

Une trouvaille (ANG. find ) est la découverte d’une météorite au sol, que vous la découvriez par hasard ou que cela soit le fruit de vos recherches. Plus spécifiquement, une trouvaille concerne une météorite dont la chute n’a pas été observée. Il faut bien observer la scène de découverte. Prenez des notes précises sur votre localisation (données GPS et smartphone), l’heure, et vos observations. Prenez des photos avant de ramasser la météorite : il est important de garder sa disposition exacte (à moitié enfouie, sur le sol, dans un champs, près d’une route ou d’ une rivière). Puis, vous pouvez la ramasser.

Malgré leur âge, en général compris entre 4,45 et 4,57 milliards d’années, ils sont assez fragiles et vulnérables à l’environnement terrestre : l’eau, le sel et l’oxygènent attaquent les météorites dès qu’elles atteignent le sol.
Reconnaitre une météorite
Est-ce un achat ?

L’achat d’une météorite chez un marchand est la façon la plus simple et rapide d’en acquérir. Mais tous les marchands ne sont pas des chasseurs de météorites. Les vrais chasseurs professionnels sont encore rares en Europe. Les marchands sont donc normalement bien renseignés sur leurs météorites, mais les experts en la matière (qui proposent uniquement des météorites) sont peu courants. Ce sont pourtant ces derniers qui sont les interlocuteurs les plus sûrs pour une acquisition.

Reconnaitre une météorite

Observation de la météorite


fragments de météorites NWA 869 Maroc

L’observation visuelle est le premier test. Il est très facile de se tromper, et de prendre une roche terrestre pour de la matière extraterrestre. L’imaginaire collectif donne une image bien précise des météorites : soit rondes et lisses, soit d’aspect particulièrement torturé et métallique. Il faut donc se méfier des images préconçues, et se faire l’œil avec des pièces officielles que vous trouverez soit en allant dans des musées (Vienne, Paris, Londres, Tokyo, New-York), soit voir sur les sites de référence ou des livres des référence.

La croûte de fusion
chondrite NWA 11141-H5

Lorsqu’une  météorite est fraîchement tombée sur Terre, elle se distinguera bien souvent par sa croûte de fusion. Une croûte de fusion est une mince couche (de l’ordre du millimètre) recouvrant la surface de la météorite. Cette couche ferreuse est alors une couche fondue d’oxyde de fer. Ce sont des structures de lignes dues à l’entrée dans l’atmosphère (Ang. flow marks). Elle est le premier indicateur pour reconnaître une météorite. Elle est le résultat de ce moment tumultueux qu’est l’entrée dans l’atmosphère, où le bolide est chauffé à de très hautes températures à cause des frottements et de la compression de l’air.

Francois Van Houte

Même si la croûte de fusion n’est pas systématiquement présente (c’est le cas pour celles ensevelies ou tombées depuis longtemps), elle est toutefois un indicateur sûr sur la nature de la météorite. La croûte a une couleur qui peut aller du brun sombre au noir. L’aspect de la croûte de fusion dépend de leurs compositions chimique et métalliques. La croûte de fusion est généralement mate, lisse et brillante pour certaines météorites. Si elle est brillante, il peut s’agir d’une achondrite.

Même si elle n’est pas systématiquement présente (c’est le cas pour celles ensevelies ou tombées depuis longtemps), elle est toutefois un indicateur sûr sur la nature de la météorite. La croûte a une couleur qui peut aller du brun sombre au noir. Elle peut être mat (il peut s’agir d’une achondrite), ou lisse et brillante argentée pour certaines météorites. L’aspect de la croûte de fusion dépend de leurs compositions chimiques.

Dans les déserts, les pierres sont souvent lissées par le sable, le vent. Il est alors rare de trouver une croûte de fusion intacte.
Les regmaglyptes et lignes de fuites

La surface de la météorite peut être littéralement « sculptée » lors de sa traversée de notre atmosphère. Des formes particulières les regmaglyptes (piezoglypte), ou « empreintes de pouce » apparaissent lorsque la surface en fusion de la météorite subie l’action des turbulences de l’air, et la creuse. Les météorites couvertes de regmaglyptes sont recherchées pour leur esthétique très particulière.
Les lignes de fuites correspondent à des écoulements de la surface de la météorite en fusion, dirigés par le sens de la chute. Tout comme les regmaglyptes, les lignes de fuites sont recherchées pour les effets esthétiques qu’elles apportent aux météorites qui en sont ornées. Des météorites dîtes orientées (très recherchées par les collectionneurs) présentent des lignes de fuite indiquant le sens de leur chute.

Quelle est sa forme générale ?

Une météorite dont la chute est récente n’aura pas de bords bien définis et droits dans la plupart des cas. Parfois, elles peuvent prendre la forme d’un bouclier. Cela n’exclut pas le fait que la météorite ait pu se briser, dans ce cas-là vous trouverez des bouts plus anguleux de tout type, ou rondes, suite à l’érosion (mer, fleuves, rivières).

Les tests primaires

Quelques tests simples pour pouvoir authentifier votre météorite. Matériel : une balance, un récipient et de l’eau, une ficelle, une scie à métaux et du papier de verre et éventuellement un aimant (mais pas conseillé).
Grâce à ce matériel, vous trouverez plus d’informations sur la nature de la météorite, avec le magnétisme, sa densité, et son apparence intérieure.

Le test du magnétisme

La grande majorité des météorites se composent d’un alliage de fer et de nickel, il est donc recommandé de tester les météorites avec un aimant, pour savoir si elles sont magnétiques ou pas. Mais de temps en temps l’aiment est attiré que sur des parties disséminés de la météorite. Si cette méthode peut donner une première indication certaines d’entre elles comme les achondrites ou les météorites lunaires et martiennes sont peu ou pas magnétiques car dépourvu de métal. Mais d’autres observations sont nécessaires pour déterminer si c’est bien une météorite ou non. Attention dès lors à l’utilisation trop abusive d’un aimant, car il affecte en réalité les propriétés de la météorite lors d’une analyse en laboratoire.

Le test du poids et la densité

En règle général, la densité des météorites est plus élevée que les roches terrestres classiques trouvées en surface. Ce test assez consiste tout simplement de peser (avec une balance) et sous-peser (en main, avec une autre roche bien terrestre dans l’autre main pour référent) la météorite. Comme base, on prendra toujours la densité de la roche terrestre est de 2,7 à 2,8 g/cm3.

La mesure à la balance permet d’avoir plus de données sur une météorite. Le fait de sous-peser la météorite dans une main, en ayant dans l’autre main une roche bien terrestre en référent, permet de juger à peu près sa densité. La densité dépend de la composition chimique. Ainsi, une météorite très riche en métaux aura une densité bien plus forte.

  • Météorites de type chondrites carbonées (CI et CM) : 2,1 à 2,7 g/cm3
  • Météorites martiennes : 3,1 à 3,15 g/cm3
  • Météorites de type achondrites : 3 à 3,4 g/cm3
  • Météorites de type chondrites carbonées (CV, CK, CR) : 3 à 3,5 g/cm3
  • Météorites de type chondrites ordinaires (dites pierreuses) : 3 à 3,6 g/cm3
  • Météorites mixtes (pallasites et mésosidérites avec +/- 50 % de silicate) : 4,5 à 7 g/cm3
  • Météorites de type sidérites (dites ferreuses): 7 à 8 g/cm3

Le polissage et l’observation intérieure


chondrite – chondres petites sphères régulières

chondrite – chondres petites sphères régulières et pépites brillantes métalliques

Un dernier test que vous pouvez réaliser facilement et qui vous apportera de nombreuses informations précieuses, est l’observation de l’extérieur et de l’intérieur de votre météorite (si cela est possible).

La forme – très souvent, les météorites sont arrondies ou anguleuses. Mais si elles explosent à basse altitude, elles peuvent avoir des formes déchiquetées qui peuvent faire penser à des artefacts de la Seconde Guerre mondiale, c’est-à-dire à des éclats de Shrapnel. Il n’est donc pas facile de les discerner. C’est l’expérience et l’intuition qui font la différence.

L’intérieure – avec une scie à métaux, essayer de couper un bout de votre météorite. Vous obtenez alors une petite tranche qui peut vous révéler la vraie nature de la météorite. Ou vous polissez une petite partie intérieure avec un papier de verre pour pouvoir mieux observer à l’œil nu avec une bonne lumière, une loupe ou avec un microscope. La partie coupée, appelée talon, vous permettra d’observer de nombreux éléments qui peuvent indiquer que vous avez une météorite :

Couleurs : gris clair à gris foncé dans lequel on peut observer des grains de métal. Cela est un excellent signe que ce soit une météorite. Quelques types de météorites peuvent présenter des couleurs pouvant aller du vert foncé au noir, mais sans grains de métal.

Chondrites : chondres petites sphères régulières. Elles peuvent être très petites et nombreuses, cela est également un très bon signe en faveur de l’origine météoritique. Mais vous pourrez également observer des lignes ou pépites brillantes métalliques.

Achondrites : ne représentent pas de signes particuliers puisqu’ils ressemblent le plus aux roches terrestres. Mais elles sont plus lourdes que les roches terrestres. Ici, les tests en laboratoire donneront plus d’informations.

Tableau récapitulatif de leur structure

Figures Widmanstätten

Figures Widmanstätten
Figures Widmanstätten







Figures Widmanstätten – microscope – contrastes de couleurs
pallasite – cristaux d’olivines dans la matrice

coupe d’une pallasite
Belgique Hainaut 8 kg